Actualité : Politique

Municipales 2020. Le Rassemblement National tend la main à Raoult Mestre.

Suite de nos entretiens avec, aujourd’hui, Jean-Patrick Fillet le délégué départemental du Rassemblement National depuis octobre 2016 qui a remplacé Brigitte Neveux. Il est collaborateur du groupe RN au conseil régional.

Jean Patrick Fillet RN

Peut-être un premier mot pour vous présenter.
J'ai un parcours assez atypique. Je ne suis pas le frontiste normal.

Que voulez-vous dire par " frontiste normal ?
C'est-à-dire quelqu'un qui est issu de la police, la gendarmerie, un militaire qui a été encarté très jeune. En ce qui me concerne, je n'ai pas été encarté très jeune. J'ai une première carte au parti en 2013. Avant je n'étais pas impliqué dans la politique car j'ai vécu aux États-Unis pendant 22 ans. J'ai créé un label et j'ai produit des groupes comme Metallica, anthrax malgré l'offre etc... J'ai sorti les trois premiers albums de Metallica. Au départ j'étais DJ à Paris. Vous voyez, j'ai un parcours atypique en politique.

Je n'étais pas du tout censé rallier le rassemblement national. Quand j'étais jeune, mon père et ma mère étaient RPR.

Qu'est-ce qui vous a fait franchir le pas pour rejoindre, à l'époque, le Front National ?

Je n'ai jamais voté pour le front avant que je revienne en 2009. Quand je suis revenu en 2009, il y a eu l’après élection présidentielle avec Sarkozy, et je n'ai pas voulu voter pour Sarkozy, ni Hollande. Au deuxième tour j'ai voté blanc parce que ni l'un ni l'autre ne me plaisait.

Ce que je reproche à la droite, c'est que c'est une droite qui parle beaucoup, mais qui n'agit jamais. Quand Sarkozy a dit qu'il voulait passer le Karcher dans les banlieues, il a oublié de brancher le tuyau.

Depuis que la droite s’est fait infiltrer par le centre, elle a perdu son âme. Ce que j'ai toujours aimé dans le parti du front ou du rassemblement, c’est qu'ils ne vont pas vers l’électeur, c'est l'électeur qui vient vers nous. Vous adhérez à leurs idées, mais ils ne vont pas annoncer quelque chose pour faire plaisir aux gens. Ils ne font pas de racolage politique comme je vois que c'est souvent le cas dans les autres partis.

 

Combien avez-vous d’adhérents en Vendée ?
On oscille entre 450 et 600 personnes, on n'a pas trop bougé. Nous avons eu une petite baisse après les élections présidentielles, ce qui est un peu normal.
Nous avons des adhérents fidèles qui payent leur cotisation qui est entre 30 et 50 €, ce n'est pas un acte gratuit.

En marche dit qu'ils ont 400 000 adhérents, mais personne ne paye de cotisation. Si nous faisions la même chose, nous, on aurait 11 millions d'adhérents

Et sur la Roche-sur-Yon ?

À peu près un quart de nos adhérents sont sur la Roche et sa périphérie.

Y aura-t-il un candidat du Rassemblement National aux prochaines élections municipales à La Roche-sur-Yon ?

On va se présenter à la Roche. Je ne peux pas vous dire qui sera notre tête de liste puisqu’on est en train de faire les investitures je fais partie de la commission d'investiture à Paris je vais présenter pas mal de gens en Vendée, on espère faire 5, 6 listes sur la Vendée avec un espoir de gagner deux à trois mairies.

La Roche, les Sables, Brétignolles, Givrand, L'Aiguillon-sur-Vie et peut-être Grandland et Brem.

Lors des dernières élections municipales à La Roche-sur-Yon en 2014, le Rassemblement National a fait 8,74 % avec un score qui a atteint près de 25 % dans les quartiers des Pyramides et à la Vigne-aux-Roses.

C'est partout comme cela en France ce n'est pas spécifique à la Roche. C'est la France périphérique qui vote pour nous : plus vous vous éloignez du centre-ville plus vous montez.

Avant, la classe populaire votait pour les communistes, peut-être même les socialistes, et maintenant elle vote pour nous et pour la France Insoumise.

Au départ le vote était de protestation, et ensuite le vote est devenu un vote d'adhésion : cela a mis du temps, il faut mettre ça sur le crédit de Marine qui a su changer le langage, professionnaliser les gens, trouver les gens qui sont acceptables vis-à-vis de tout le monde.

Pour la Roche-sur-Yon, vous avez une idée de candidat ou de candidate ?

Il est possible que cela soit une candidate. Je pense que cela va être une bataille d'homme avec les autres listes donc cela sera une candidate.

On avait fait une erreur la dernière fois, Marine nous avait demandé de faire une liste ici sur la Roche et je trouve que l’on n’a pas travaillé les dossiers suffisamment et que nous ne connaissions pas suffisamment bien la ville. Là, on ne fera pas la même erreur, car on aura quelqu'un de la Roche-sur-Yon qui vit, travaille à et connaît la Roche.

On pourra avoir son nom ?
Malheureusement, je ne peux pas vous le communiquer, car elle n'est pas encore investie : mes premières investitures commenceront à partir de février.

La Roche c'est quoi pour vous ? Un fief à prendre ?

Je pense qu'il faut être dans le conseil municipal. J'espère qu'on va avoir pas mal d’élus qui vont pouvoir aller au conseil municipal pour écouter, découvrir les dossiers et nous faire remonter les informations.

Aux dernières municipales, si Raoul Mestre avait voulu faire une fusion, on aurait pu être au deuxième tour malheureusement ça s'est pas fait. Je ne sais pas s’il sera candidat. Je lui tends la main s'il a envie de faire une liste commune, je serai d'accord. Je pense que cela serait un très bon candidat et cela permettrait de faire une liste avec d'autres parties, éventuellement.

En 2020, s'il se présentait, j'aimerais qu'il me contacte pour que l’on puisse faire une liste commune, je pense que la dernière fois, on a raté le coche, et on aurait pu avoir des élus. On apprend de nos erreurs maintenant qu'on a changé de nom, on est fréquentable [RIRE] il y a des gens qui nous ont rejoints.


Faire alliance avec Raoult Mestre et d’autres partis ?
On a des discussions avec le Parti Chrétien-Démocrate. A un moment donné, je pense que les partis doivent se mettre ensemble, sur les listes municipales, pour qu'on puisse avoir des gens de qualité et faire une liste cohérente sur la même façon de gérer la ville, de réduire les impôts, gérer les dépenses.

Quels sont vos sujets de prédilection pour la Roche-sur-Yon, je pense particulièrement à la sécurité ?

La sécurité à La Roche-sur-Yon, c'est un gros sujet, on le voit avec la remontée du terrain, je peux vous dire que sur les Pyramides ou d'autres quartiers, les gens sont très très inquiets sur la sécurité, je pense que Luc Bouard a pris ça à la légère, dans son mandat, et que cela va lui éclater dans la figure en 2020, ça c'est sûr.

Pourtant il a augmenté les effectifs de la police municipale : il a rajouté des caméras

Les caméras, ce n'est pas ça qui va modifier la mentalité des gens. La police de proximité il n'y en a pratiquement plus, c'est un problème qui se vérifie dans beaucoup de villes j'ai la chance de rencontrer la police municipale, même la gendarmerie, et ils me disent que de plus en plus, la sécurité devient un sujet préoccupant parce qu'ils ne voient plus suffisamment de policier dans la rue.

Ce n'est pas parce que vous allez avoir une caméra que ça va arrêter le gars en train de faire du X deal ou de voler un scooter. Cela peut aider à l'identifier et encore je ne suis même pas certain, je pense que le coût d'installation d'une caméra et le coup de main tenant une caméra et sa gestion, personnellement je préfère avoir un policier sur le terrain visible plutôt que d'avoir une caméra, puisqu'à l’arrivée, il va falloir encore envoyer les policiers sur le terrain.


Plusieurs aménagements sont prévus dans la ville comme la réabilitation du quartier de la Vigne-aux-Roses, le Bourg-sous-la-Roche, le centre-ville… Que est votre regard sur ses dossiers ?

Est-ce que ce n'est pas un peu trop de travaux d'un seul coup sur une ville comme la Roche, je me pose la question parce que, est-ce qu'il y avait vraiment besoin de déménager l'hôtel de ville ?

C'est vrai qu'il y a beaucoup de travaux. Les Halles, c'était nécessaire, encore une fois, le problème des Halles c'est aussi la sécurité, j'entends les commerçants qui me le disent, mais c'est vrai que les Halles c'est un point important pour relier le centre-ville de la Roche pour revitaliser le centre-ville de la Roche.

J'aimerais bien qu'il y ait un cinéma en centre-ville parce que les gens n'ont pas tous la possibilité de se déplacer dans la périphérie.

C'est vrai que la ville est assez dynamique : je ne suis pas quelqu'un qui critique pour critiquer, je reconnais qu'il y a des choses qui sont très très bien.

Comme par exemple ?

Les animations de l'été dans le centre-ville comme Rpop. Le projet de rénovation de la place Napoléon, ça a le mérite d'avoir été fait, car avant ce n'était pas terrible.

C'est l'ancienne municipalité socialiste qui a réalisé la place Napoléon

Oui, mais j'ai trouvé que ce maire était très intéressant.

Vous parlez de Pierre Regnault ?

Oui, Pierre Regnault. On a peut-être, au niveau politique politicienne, des idées totalement opposées, mais je pense que pour la politique de la ville, il était très motivé et il a fait de très bons choix, il faut rendre à César ce qui est à César.

La place Nap' aurait pu être mieux, mais je pense que c'est une belle réussite quand même. Je pense que la place Nap' aurait dû avoir plus de cafés, plus de restaurants. C'est joli d'avoir toutes ces animations. cela amène un peu de touristes. Je suis moins convaincu sur l'histoire du bus qui traverse la place Napoléon : j'aurais préféré avoir plus d’animation au niveau restauration et bar.

Comment jugez-vous votre parti qu'on disait infréquentable avant, maintenant vous parlez de faire une liste commune avec d'autres partis, vous saluez l'engagement de l'ancien maire socialiste ... C'est un changement radical ?

Non cela a toujours été comme ça, le problème c'est qu'on s’est fait diaboliser sous l'époque de Mitterrand. Depuis la diabolisation du Parti, les deux partis principaux sont le Parti socialiste et les Républicains.

Par exemple on nous dit que vous êtes un parti fasciste j'aime bien quand on dit ça, Jean-Marie et Marine Le Pen se sont présentés à toutes les élections possibles et imaginables, on a gagné des élections, on a perdu des élections… est-ce qu'on a fait un coup d'état ? Non, on a joué le jeu démocratiquement comme tous les autres partis, qu'est-ce qu'on a de fascisant avec un parti qui respecte toute la démocratie ?

Quelle politique envisagez-vous pour les quartiers ?

Développer des commerces de proximité, de la police de proximité, pour que les policiers soient rassurants pour la population et qu'ils voient le bas des immeubles qui ne soit pas pris par les dealers et les autres, je pense que c'est un effort local il faut par exemple que les associations de parents d'élèves soit un peu plus présentes sur le terrain, on m'a souvent dit qu'il y avait beaucoup d'enfants à la sortie des écoles qui étaient dans la rue et qui n'étaient pas chez eux en train de faire leurs devoirs… est-ce qu'il y a peut-être des animations à trouver, est-ce qu'on ne peut pas les aider en faisant plus de soutien scolaire ?

Avez-vous des contacts avec la République en marche ou les Républicains ?

Avec les Républicains, on les voit un petit peu à la Région, mais rien de plus que ça, de toute façon je pense que les Républicains ont un problème avec Luc Bouard, le rapprochement avec Macron, ils le digèrent mal.

Je pense qu'on peut offrir une solution de droite, tu pourras répondre à ce que les électeurs du maire n'attendent plus de lui…

Serez-vous sur la liste de la Roche-sur-Yon ?

Non, je ne serai pas sur la liste de la Roche, car je me présente, je devrais être tête de liste à Brétignolles

Aurez-vous des difficultés à constituer la liste à La Roche-sur-Yon ?

Non, on n’aura pas de difficulté à monter la liste à la Roche. Maintenant je veux des gens qui soient qualifiés dans plein de domaines. Ce n'est pas le nom qui m'intéresse, mais plutôt la qualité professionnelle et surtout des gens qui soient dans le commerce dans les associations dans le sport.

 

Publié le 18/01/2019
Abonnez-vous à notre newsletter

chargement