Actualité : Politique

La Roche-sur-Yon. Municipales 2020 : Europe Écologie les Verts

Notre série d’entretiens pour les municipales 2020 s’achève avec Guy Batiot, conseiller municipal d’opposition à la Roche-sur-Yon, depuis 2014  et Claudine Goichon co-responsable du groupe Europe écologie les Verts 85 ancienne élue de Thorigny et ancienne conseillère régionale de la région des Pays-de-la-Loire.

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Europe écologie les Verts compte combien d’adhérents en Vendée, à la Roche-sur-Yon ?
On envoie nos papiers à une centaine de personnes. Quant aux adhérents, on est une soixantaine en Vendée. Après, c’est compliqué car nous avons beaucoup de relations avec le monde associatif qui, par définition et par prudence, n’adhère pas. Il y a une mouvance écologiste qui est plus large que ce qu’on représente, mais ça ne se traduit pas par des adhésions.


Le lien associatif et politique est compliqué en ce moment parce que la vision du politique dans l’espace public est plutôt mauvaise par les temps qui courent. On prend notre part de responsabilité puisque les Verts n’ont pas toujours été exemplaires à ce niveau-là.


Allez-vous faire une liste pour les élections municipales 2020 à la Roche-sur-Yon ?
Faire une liste, on n’en sait rien. En tout état de cause, on a commencé à travailler avec des citoyens divers et variés qui sont venus nous rejoindre pour imaginer ce que serait une ville écolo. Quelles sont leurs priorités ? Que manque-t-il aujourd’hui dans le territoire ville et agglomération ? On a eu un certain nombre de réunions de travail autour de cette thématique. On poursuit ce travail avec ces personnes-là qui sont, au-delà, des adhérents Europe écologie les Verts.


Ça peut déboucher sur une liste, pourquoi pas. On est fermé à rien. On se donne ce travail-là jusqu’à la fin de l’année pour voir un peu ce que ça donne.


Si un jour on devait avoir une ville comme on souhaite, quelles sont nos priorités et comment on retraitrait les politiques publiques qui aujourd’hui sont en cours sur l’agglomération et la ville. L’agglomération et la ville ont des compétences. Qu’est-ce qu’il me faut modifier ? Tout n’est pas à jeter. On n’est pas dans une critique permanente de tout ce qui se fait mais on peut probablement améliorer considérablement les politiques publiques qui sont menées à la ville et à l’agglomération.


On a aussi des élections Européennes qui vont venir avant les élections municipales. Et pour nous les verts c’est vraiment un engagement extrêmement fort que notre attachement à l’Union Européennes. Ce qui nous inquiète plus actuellement c’est le changement climatique et la transition énergétique. Si on ne les gère pas au niveau Européen, on va se casser la figure.


Pour le moment, nos forces sont engagées pour les élections Européennes puisqu’elles vont nous permettre de montrer l’urgence climatique. Et après, cela va se décliner localement.


Là, ce qu’a montré Nicolas Hulot de façon majeure c’est que la politique des petits pas ne suffit plus. Sur la Roche-sur-Yon et sur l’agglomération, on est sur une politique de petits pas.


Il y a des choses très bien qui se font. La maison du vélo, c’est très bien. La politique de mobilité telle qu’elle est sur la Roche va dans le bon sens mais on est sur une politique de petits pas car on ne remet pas en cause le contournement, le « tout-voiture »…


Vous avez fait partie de ceux qui ont interrogé la gauche à travers la Roche citoyenne…
J’y suis allé avec deux ou trois membres des verts. Contrairement à ce qui a été dit, les verts étaient parfaitement au courant que j’allais à ce type de réunion. Ce n’est pas un mouvement pour moi. L’idée c’était « si on ne parle pas on a perdu ». Après on verra ce que ça donne, il n’y a pas d’urgence. Et les petits accords de dessous de table se font entre les deux tours à toute vitesse. Après, ce que ça deviendra, je n’en sais rien. En ce qui me concerne, ce n’est pas une liste supplémentaire ça c’est sûr.


On travaille dans notre parti politique, s’il se fait quelque chose au niveau du parti tant mieux, si on peut faire quelque chose de plus large qui correspond à notre projet bien sûr, tant mieux parce qu’on ne fera pas tout tous seuls. Pour le moment on n’en est pas là et il n’y a pas d’engagement supplémentaire de quiconque.


Comment cela se passe-t-il en tant qu’élu opposition au conseil municipal ?
Je suis avec Françoise Besson et on a un groupe derrière. On se réunit toutes les semaines et on essaie de suivre tous les dossiers, ce qui est très exigeant quand on est dans l’opposition.


Les débuts ont été tendus. On a été au tribunal administratif dès les premiers mois parce que le maire voulait limiter le nombre de réponses alors que le conseil municipal est le lieu du débat.


Une fois que ça a été posé, je crois qu’au fil des conseils municipaux avec Françoise, on a gagné le respect puisqu’on n’est pas allé au conflit systématique, on a travaillé les dossiers et plus particulièrement les dossiers liés à la santé, l’environnement, les déchets, la mobilité.
Quand on est dans une municipalité, 90 % des décisions sont votées à l’unanimité. Il faut gérer une ville. De droite ou de gauche, une ville ça se gère. Donc il faut sortir de l’idée qu’on est systématiquement contre. Par contre, sur les 10 % qui restent, il y a de vraies oppositions de fond, là il faut savoir monter au créneau.


Vous avez parlé de politique de petits pas toute à l’heure, pouvez-vous nous en dire plus ?
Un exemple tout simple. La ville, systématiquement, dit, par l’intermédiaire du maire, qu’elle fait des efforts avec les énergies renouvelables. C’est vrai, on ne peut pas dire le contraire. Par contre, mettre des panneaux solaires sur le nouveau dojo et puis demander à ce que systématiquement tous les nouveaux bâtiments construits par l’agglomération soient à énergie positive ou produisent de l’énergie, c’est ça la différence entre le petit pas et le virage de la transition énergétique.


Deuxième exemple, le contournement routier. Il a 20 ans, le contournement. 15 ans à 20 ans après, il faut le doubler, je demande au maire qu’est-ce qu’on fait dans 15 ans ? On en met un sur l’autre, on fait une huit voies ? Immédiatement il faut prévoir des pistes cyclables de relais à l’extérieur et tout de suite pas la peine d’être engorgé.

La cantine gratuite, bio, les transports gratuits, sont des interrogations que semblent se poser les autres listes. Qu’en pensez-vous ?
Il ne s’agit pas de dire : « demain on va tout casser », parce que ce n’est pas possible. Il s’agit d’avancer dans la bonne direction. En voilà une par exemple. On a un doute sur la qualité des plastiques quand on les réchauffe et bien il faut passer à l’inox. Ça a un coût, probablement, sur quoi peut-on faire des avancées ?


Sur le bio, là encore on ne pourra pas passer au bio du jour au lendemain. Les copains de la confédération paysanne ou du gap, fournir comme ça, ce n’est pas possible. Par contre, l’objectif c’est d’aller vers le bio. L’objectif c’est d’aider les producteurs. L’objectif c’est de dire qu’on a encore des terres agricoles à la Roche-sur-Yon. Comment peut-on faire pour ne pas perdre complètement la main sur ce qui est produit dans notre ville ? Plutôt que d’aller acheter sur un marché à Nantes ou à Rungis des légumes qu’on pourra produire ici, et bien favorisons la production qui est ici.


Concernant la gratuité, je ne fais pas de la gratuité une fin en soi. Si ça peut améliorer les choses, on y va. Sur le fond, je ne vois pas pourquoi les gens ne paieraient pas la nourriture de leur enfant à la cantine. Par contre, l’inverse n’est pas vrai. C’est-à-dire que tout enfant, quel qu’il soit, quel que soit le moment, doit pouvoir manger à la cantine. Après, si vraiment les parents ne peuvent pas payer, il faut que l’on se débrouille pour le faire.


Sur le transport, je pense qu’à minima on pourra voir la gratuité sur le transport scolaire. C’est vraiment une question d’équité, d’égalité des territoires. Ça passe en Vendée par, enfin, un dialogue soutenu entre le transport scolaire, les transports du département et ceux de la ville pour qu’il n’y ait pas de doublon. C’est en bonne voie, là encore il y a des progrès à l’agglomération là-dessus, il faut aller plus loin.


Après il faut regarder de très près ce qu’apporte la gratuité. Niort vient de le faire, cela a un coût. Dunkerque vient de passer à la gratuité totale, il faut regarder l’expérience. Il n’y a pas de solution toute faite à cela. Si c’est jouable et que cela se passe bien, il faut l’envisager.


Il faut faire en sorte aussi que systématiquement, les employeurs, versent la cotisation à l’organisation de transports.
Ceci dit, j’aimerais que l’on calcule combien coûte un passager voiture par an à la collectivité, en entretien des routes, en places de parking… et comparé à ce que coûte un transport en commun. Franchement, si on intègre tous les coups, je ne suis pas sûr que ça ne soit pas intéressant y compris pour les collectivités.


La navette électrique du centre-ville est-elle une bonne initiative ?
Oui, mais pas isolée. À une époque, nous avions demandé à ce que ce soit piéton devant l’ancien palais de justice et la mairie. Pour une simple et bonne raison, il faut arrêter que cette place Napoléon soit le rond-point de la ville de La Roche. À partir de ce moment-là, la navette est très intéressante, elle permet de faire le lien dans le centre-ville entre la gare, la rue Georges Clemenceau et les Halles.


Le jour où ce sera très compliqué de passer en voiture, les gens auront le choix, soit je me gare aux Halles, soit je me gare au parking Clemenceau, soit je me gare un peu plus loin et j’ai ma petite navette. Il faut avoir une vision globale et va pour voir les choses et les mettre sur la table devant les citoyens.


Avez-vous eu, comme élu d’opposition au conseil municipal, le sentiment d’avoir fait avancé des dossiers ? Avez-vous le sentiment d’être entendu ?
C’est difficile à mesurer. Ce qui est sûr, quand on travaille un dossier et que l’on sait de quoi on parle, on est écouté.


J’ai souvent l’occasion, à la mairie ou à l’agglomération, de dialoguer avec Anne Aubin Sicard qui est en charge des questions environnementales, je reconnais volontiers que c’est quelqu’un qui connaît ses dossiers, qui est compétente sur ses dossiers donc c’est agréable d’échanger.


Où je pense qu’on a fait évolué les choses, mais je ne peux pas le revendiquer à moi seul, c’est par exemple sur le plan des déplacements. On a vu des choses évoluer, mais vraiment évoluer sur l’inter- modalité, sur la maison du vélo, on ne peut pas le revendiquer à soi seul car il y a eu un énorme travail associatif avant.


Un dernier mot sur les municipales. À l’heure actuelle, il n’est pas sûr que la gauche parte unie faut-il le regretter ?
Je suis un peu perplexe sur la définition de la gauche parce que quand je regarde la politique qu’a fait Hollande et la politique qu’a fait Macron, ils ont été ensemble, il y a des différences de fond, j’en sais rien. Si on pense gauche au sens où moi je l’ai connue quand j’étais plus jeune, oui c’est assez dramatique. J’ai eu l’occasion de le dire au conseil municipal. On assiste là à une désertification de l’école publique en centre-ville, il ne reste qu’une école c’est Jean Roy.


On va soutenir ce qui peut représenter un progrès mais il faut aller bien plus vite et bien au-delà. Et, seuls, les gens l’ont bien compris, le score des Verts ne permettra pas de faire 50 % au premier tour.Donc il faut essayer d’aller convaincre d’autres personnes. Si on ne s’y prend pas tout de suite, on sera obligé de gérer l’urgence bientôt.

Publié le 11/09/2018
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