A 6h30, les manisfestants étaient 200 au Rond-Point des Flâneries où ils s'étaient donnés rendez-vous.

Très vite, le nombre de gilets jaunes s'est considérablement accru. Le pointage à 10h, que nous avons réalisé, était de plus de 300 personnes aux Flâneries et de 300 personnes au Rond-Point de Conforama.

gilet jaune 17 nov 20181117 1169458584Barrages filtrants, pneus, palettes, bidons, conteneurs, les manifestants sont organisés.


A part quelques rares automobilistes énervés par les blocages, aucun incident n'était constaté ce matin.


Côté forces de l'ordre, la gendarmerie était présente pour assurer la sécurité.


Même si la circulation est fluide dans la ville, pour accéder à la Roche-sur-Yon, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est bien compliqué.

 

L'évolution :

11 h : Difficultés de circulation sur Aizenay, Boufféré, Challans, Chantonnay, Fontenay-le-Comte, La Châtaigneraie, La Roche-sur-Yon, Les Herbiers, Les Sables d’Olonne, Luçon, Olonne-sur-Mer, Pouzauges, St-Vincent-Sterlanges, Ste-Gemme-la-Plaine et Ste-Hermine (Prefecture)

 

[iMAGES]

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La manifestation instiguée via Facebook samedi prochain, le 17 novembre 2018 s’annonce très suivie.

 

A la Roche-sur-Yon, le blocage des ronds-points des Flâneries et de KFC semble être une certitude. Pour le reste il faut s’attendre également à un blocage des grands axes d’entrée de la ville.

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archives mavillesolidaire.

La préfecture annonce que « toutes les manifestations sur la voie publique sont soumises à déclaration préalable » à la mairie de la commune ou aux mairies des différentes communes sur le territoire desquelles la manifestation doit avoir lieu, à la préfecture ou à la sous-préfecture lorsque l'événement doit avoir lieu sur le territoire des communes où la Police nationale est compétente comme sur les communes de La Roche-sur-Yon et Les Sables d’Olonne.

 

Le préfet constate que, « à ce jour, aucune déclaration n’a été déposée pour le 17 novembre 2018 ». en précisant que « cette déclaration est très importante puisqu’elle permet également aux autorités chargées du maintien de l’ordre de veiller à la sécurité des personnes et des biens et à la fluidité du trafic routier. »

Que risquent les manifestants ?

Le fait d’entraver la circulation, d’empêcher la circulation des véhicules de secours (SAMU, sapeurs-pompiers) ou de gêner la marche des autre véhicules en circulant sans raison valable à une vitesse anormalement réduite sont passibles d’une amende et d’une peine d’emprisonnement. "Ces comportements peuvent être à l’origine d’accidents de la circulation et engager la responsabilité des organisateurs des manifestations et des manifestants."

Vendredi, plusieurs membres du parti socialiste de la Roche-sur-Yon avaient invité la presse en présence d’anciens élus.

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Tous dénoncent la marchandisation de l’hôtel de ville de la Roche-sur-Yon. Même s’ils reconnaissent que la rénovation de la partie moderne, la partie arrière du bâtiment, doit être faite comme la mutualisation de certains services. Pour le parti socialiste, l’accueil des citoyens dans ce bâtiment, l’accueil des mariages, de l’État civil doit se faire à l’hôtel de ville.

« C’est un cri d’alarme, un cri du cœur ! Le peu de patrimoine que la Roche-sur-Yon possède, il faut le conserver. Une pétition a été lancée en ligne pour sensibiliser les yonnais et plus largement les vendéens. Le peu de patrimoine que la Roche-sur-Yon possède, il faut le conserver » clame Sylviane Bulteau.


Même s’il ne conteste pas la rénovation qu’il juge nécessaire de l’hôtel de ville, pour Jean Burneleau, l’ancien adjoint de Jacques Auxiette,« Le maire actuel n’est pas propriétaire de sa ville, la ville ne lui appartient pas, il en est juste gestionnaire et il est prié de respecter les murs. Napoléon, a organisé la ville autour de la place en utilisant tous les symboles y compris le symbole de la liberté religieuse avec l’église Saint-Louis. Vouloir enlever, face à l’église, le pouvoir des citoyens et le transférer dans la rue Georges Clémenceau, c’est vouloir changer la vocation de cette ville à être une ville républicaine, garante de la paix au cœur du département. Vouloir changer d’emplacement, c’est détruire un symbole. »


Le parti socialiste demande que le symbole « liberté, égalité, fraternité » reste là où il est.  « Il y a des gens qui nous ont dit de créer une mairie à défendre (MAD). Qu’ils se méfient [Luc Bouard], nous n’en sommes pas loin. »


Une transformation vécue par l’ancienne députée
La permanence de Sylviane Bulteau, ancien députée de Vendée, qui était place Napoléon, a été transformée en commerce. « Cela veut dire que l’architecture du bâtiment historique de l’hôtel de ville, s’il est vendu pour faire des cellules commerciales, sera totalement transformée. Là aussi, je crois que c’est se moquer des yonnais » commente Sylviane Bulteau.

Une pétition est en ligne
Depuis une dizaine de jours, une pétition est en ligne. Elle rassemble 250 signataires. Parmi ces signataires, un élu Modem de la majorité Jack Mbéti Noah, conseiller municipal délégué à la médiation, aux actions socioculturelles dans le quartier.

Avant le conseil municipal de  mardi, le collectif proposera aux citoyens de signer la pétition, à 16 heures sous le kiosque de la place Napoléon.

La pétition

 

Notre série d’entretiens pour les municipales 2020 s’achève avec Guy Batiot, conseiller municipal d’opposition à la Roche-sur-Yon, depuis 2014  et Claudine Goichon co-responsable du groupe Europe écologie les Verts 85 ancienne élue de Thorigny et ancienne conseillère régionale de la région des Pays-de-la-Loire.

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Europe écologie les Verts compte combien d’adhérents en Vendée, à la Roche-sur-Yon ?
On envoie nos papiers à une centaine de personnes. Quant aux adhérents, on est une soixantaine en Vendée. Après, c’est compliqué car nous avons beaucoup de relations avec le monde associatif qui, par définition et par prudence, n’adhère pas. Il y a une mouvance écologiste qui est plus large que ce qu’on représente, mais ça ne se traduit pas par des adhésions.


Le lien associatif et politique est compliqué en ce moment parce que la vision du politique dans l’espace public est plutôt mauvaise par les temps qui courent. On prend notre part de responsabilité puisque les Verts n’ont pas toujours été exemplaires à ce niveau-là.


Allez-vous faire une liste pour les élections municipales 2020 à la Roche-sur-Yon ?
Faire une liste, on n’en sait rien. En tout état de cause, on a commencé à travailler avec des citoyens divers et variés qui sont venus nous rejoindre pour imaginer ce que serait une ville écolo. Quelles sont leurs priorités ? Que manque-t-il aujourd’hui dans le territoire ville et agglomération ? On a eu un certain nombre de réunions de travail autour de cette thématique. On poursuit ce travail avec ces personnes-là qui sont, au-delà, des adhérents Europe écologie les Verts.


Ça peut déboucher sur une liste, pourquoi pas. On est fermé à rien. On se donne ce travail-là jusqu’à la fin de l’année pour voir un peu ce que ça donne.


Si un jour on devait avoir une ville comme on souhaite, quelles sont nos priorités et comment on retraitrait les politiques publiques qui aujourd’hui sont en cours sur l’agglomération et la ville. L’agglomération et la ville ont des compétences. Qu’est-ce qu’il me faut modifier ? Tout n’est pas à jeter. On n’est pas dans une critique permanente de tout ce qui se fait mais on peut probablement améliorer considérablement les politiques publiques qui sont menées à la ville et à l’agglomération.


On a aussi des élections Européennes qui vont venir avant les élections municipales. Et pour nous les verts c’est vraiment un engagement extrêmement fort que notre attachement à l’Union Européennes. Ce qui nous inquiète plus actuellement c’est le changement climatique et la transition énergétique. Si on ne les gère pas au niveau Européen, on va se casser la figure.


Pour le moment, nos forces sont engagées pour les élections Européennes puisqu’elles vont nous permettre de montrer l’urgence climatique. Et après, cela va se décliner localement.


Là, ce qu’a montré Nicolas Hulot de façon majeure c’est que la politique des petits pas ne suffit plus. Sur la Roche-sur-Yon et sur l’agglomération, on est sur une politique de petits pas.


Il y a des choses très bien qui se font. La maison du vélo, c’est très bien. La politique de mobilité telle qu’elle est sur la Roche va dans le bon sens mais on est sur une politique de petits pas car on ne remet pas en cause le contournement, le « tout-voiture »…


Vous avez fait partie de ceux qui ont interrogé la gauche à travers la Roche citoyenne…
J’y suis allé avec deux ou trois membres des verts. Contrairement à ce qui a été dit, les verts étaient parfaitement au courant que j’allais à ce type de réunion. Ce n’est pas un mouvement pour moi. L’idée c’était « si on ne parle pas on a perdu ». Après on verra ce que ça donne, il n’y a pas d’urgence. Et les petits accords de dessous de table se font entre les deux tours à toute vitesse. Après, ce que ça deviendra, je n’en sais rien. En ce qui me concerne, ce n’est pas une liste supplémentaire ça c’est sûr.


On travaille dans notre parti politique, s’il se fait quelque chose au niveau du parti tant mieux, si on peut faire quelque chose de plus large qui correspond à notre projet bien sûr, tant mieux parce qu’on ne fera pas tout tous seuls. Pour le moment on n’en est pas là et il n’y a pas d’engagement supplémentaire de quiconque.


Comment cela se passe-t-il en tant qu’élu opposition au conseil municipal ?
Je suis avec Françoise Besson et on a un groupe derrière. On se réunit toutes les semaines et on essaie de suivre tous les dossiers, ce qui est très exigeant quand on est dans l’opposition.


Les débuts ont été tendus. On a été au tribunal administratif dès les premiers mois parce que le maire voulait limiter le nombre de réponses alors que le conseil municipal est le lieu du débat.


Une fois que ça a été posé, je crois qu’au fil des conseils municipaux avec Françoise, on a gagné le respect puisqu’on n’est pas allé au conflit systématique, on a travaillé les dossiers et plus particulièrement les dossiers liés à la santé, l’environnement, les déchets, la mobilité.
Quand on est dans une municipalité, 90 % des décisions sont votées à l’unanimité. Il faut gérer une ville. De droite ou de gauche, une ville ça se gère. Donc il faut sortir de l’idée qu’on est systématiquement contre. Par contre, sur les 10 % qui restent, il y a de vraies oppositions de fond, là il faut savoir monter au créneau.


Vous avez parlé de politique de petits pas toute à l’heure, pouvez-vous nous en dire plus ?
Un exemple tout simple. La ville, systématiquement, dit, par l’intermédiaire du maire, qu’elle fait des efforts avec les énergies renouvelables. C’est vrai, on ne peut pas dire le contraire. Par contre, mettre des panneaux solaires sur le nouveau dojo et puis demander à ce que systématiquement tous les nouveaux bâtiments construits par l’agglomération soient à énergie positive ou produisent de l’énergie, c’est ça la différence entre le petit pas et le virage de la transition énergétique.


Deuxième exemple, le contournement routier. Il a 20 ans, le contournement. 15 ans à 20 ans après, il faut le doubler, je demande au maire qu’est-ce qu’on fait dans 15 ans ? On en met un sur l’autre, on fait une huit voies ? Immédiatement il faut prévoir des pistes cyclables de relais à l’extérieur et tout de suite pas la peine d’être engorgé.

La cantine gratuite, bio, les transports gratuits, sont des interrogations que semblent se poser les autres listes. Qu’en pensez-vous ?
Il ne s’agit pas de dire : « demain on va tout casser », parce que ce n’est pas possible. Il s’agit d’avancer dans la bonne direction. En voilà une par exemple. On a un doute sur la qualité des plastiques quand on les réchauffe et bien il faut passer à l’inox. Ça a un coût, probablement, sur quoi peut-on faire des avancées ?


Sur le bio, là encore on ne pourra pas passer au bio du jour au lendemain. Les copains de la confédération paysanne ou du gap, fournir comme ça, ce n’est pas possible. Par contre, l’objectif c’est d’aller vers le bio. L’objectif c’est d’aider les producteurs. L’objectif c’est de dire qu’on a encore des terres agricoles à la Roche-sur-Yon. Comment peut-on faire pour ne pas perdre complètement la main sur ce qui est produit dans notre ville ? Plutôt que d’aller acheter sur un marché à Nantes ou à Rungis des légumes qu’on pourra produire ici, et bien favorisons la production qui est ici.


Concernant la gratuité, je ne fais pas de la gratuité une fin en soi. Si ça peut améliorer les choses, on y va. Sur le fond, je ne vois pas pourquoi les gens ne paieraient pas la nourriture de leur enfant à la cantine. Par contre, l’inverse n’est pas vrai. C’est-à-dire que tout enfant, quel qu’il soit, quel que soit le moment, doit pouvoir manger à la cantine. Après, si vraiment les parents ne peuvent pas payer, il faut que l’on se débrouille pour le faire.


Sur le transport, je pense qu’à minima on pourra voir la gratuité sur le transport scolaire. C’est vraiment une question d’équité, d’égalité des territoires. Ça passe en Vendée par, enfin, un dialogue soutenu entre le transport scolaire, les transports du département et ceux de la ville pour qu’il n’y ait pas de doublon. C’est en bonne voie, là encore il y a des progrès à l’agglomération là-dessus, il faut aller plus loin.


Après il faut regarder de très près ce qu’apporte la gratuité. Niort vient de le faire, cela a un coût. Dunkerque vient de passer à la gratuité totale, il faut regarder l’expérience. Il n’y a pas de solution toute faite à cela. Si c’est jouable et que cela se passe bien, il faut l’envisager.


Il faut faire en sorte aussi que systématiquement, les employeurs, versent la cotisation à l’organisation de transports.
Ceci dit, j’aimerais que l’on calcule combien coûte un passager voiture par an à la collectivité, en entretien des routes, en places de parking… et comparé à ce que coûte un transport en commun. Franchement, si on intègre tous les coups, je ne suis pas sûr que ça ne soit pas intéressant y compris pour les collectivités.


La navette électrique du centre-ville est-elle une bonne initiative ?
Oui, mais pas isolée. À une époque, nous avions demandé à ce que ce soit piéton devant l’ancien palais de justice et la mairie. Pour une simple et bonne raison, il faut arrêter que cette place Napoléon soit le rond-point de la ville de La Roche. À partir de ce moment-là, la navette est très intéressante, elle permet de faire le lien dans le centre-ville entre la gare, la rue Georges Clemenceau et les Halles.


Le jour où ce sera très compliqué de passer en voiture, les gens auront le choix, soit je me gare aux Halles, soit je me gare au parking Clemenceau, soit je me gare un peu plus loin et j’ai ma petite navette. Il faut avoir une vision globale et va pour voir les choses et les mettre sur la table devant les citoyens.


Avez-vous eu, comme élu d’opposition au conseil municipal, le sentiment d’avoir fait avancé des dossiers ? Avez-vous le sentiment d’être entendu ?
C’est difficile à mesurer. Ce qui est sûr, quand on travaille un dossier et que l’on sait de quoi on parle, on est écouté.


J’ai souvent l’occasion, à la mairie ou à l’agglomération, de dialoguer avec Anne Aubin Sicard qui est en charge des questions environnementales, je reconnais volontiers que c’est quelqu’un qui connaît ses dossiers, qui est compétente sur ses dossiers donc c’est agréable d’échanger.


Où je pense qu’on a fait évolué les choses, mais je ne peux pas le revendiquer à moi seul, c’est par exemple sur le plan des déplacements. On a vu des choses évoluer, mais vraiment évoluer sur l’inter- modalité, sur la maison du vélo, on ne peut pas le revendiquer à soi seul car il y a eu un énorme travail associatif avant.


Un dernier mot sur les municipales. À l’heure actuelle, il n’est pas sûr que la gauche parte unie faut-il le regretter ?
Je suis un peu perplexe sur la définition de la gauche parce que quand je regarde la politique qu’a fait Hollande et la politique qu’a fait Macron, ils ont été ensemble, il y a des différences de fond, j’en sais rien. Si on pense gauche au sens où moi je l’ai connue quand j’étais plus jeune, oui c’est assez dramatique. J’ai eu l’occasion de le dire au conseil municipal. On assiste là à une désertification de l’école publique en centre-ville, il ne reste qu’une école c’est Jean Roy.


On va soutenir ce qui peut représenter un progrès mais il faut aller bien plus vite et bien au-delà. Et, seuls, les gens l’ont bien compris, le score des Verts ne permettra pas de faire 50 % au premier tour.Donc il faut essayer d’aller convaincre d’autres personnes. Si on ne s’y prend pas tout de suite, on sera obligé de gérer l’urgence bientôt.

Avant-dernier rendez-vous de notre série d'entretiens concernant l’élection municipale 2020. Aujourd’hui, Malik Abdallah, UDI, adjoint au maire de l’urbanisme.

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Malik Abdallah… « Abdallah » ce n’est pas un problème ?
[Rires] Souvent, on me pose cette question sans vraiment me la poser en me parlant de mes origines. Pour moi, ce n’est pas un problème. Ma mère, son nom de famille c’était Robert. Mon père est d’origine arabe et ma mère est catholique. Le nom Abdallah, il n’est jamais facile à porter en Vendée, il n’est jamais facile à porter en politique. Après, moi, mon nom de famille, mes origines, c’est une fierté, une richesse. On me dit souvent « non, mais toi t’es bien intégré » quand on parle des personnes d’origine arabe. Je n’ai pas à m’intégrer, je suis né à La Roche.


La question était de vous demander si vous aviez été embêté avec votre nom de famille en politique ?
Les gens me le disent en face. En fait les gens, quand j’ai été élu, je sais qu’ils ont eu une appréhension par rapport à mon nom de famille, ça c’est clair. C’était deux difficultés que j’ai eues à affronter. Quand j’ai été élu, j’ai été élu à 26 ans, il a fallu que j’affronte mes origines et mon âge. Adjoint à l’urbanisme à la Roche-sur-Yon à 26 ans, certains m’ont pris pour un branleur et m’ont dit « tu verras plus tard quand tu seras plus grand. »

Vous avez été obligé de travailler vos dossiers plus à cause de vos origines et de votre âge (31 ans) ?
J’ai toujours été un bosseur. Je ne supporte pas de ne pas connaître un dossier.  J’ai toujours été comme ça. Je vais en réunion publique, je connais mon dossier. Au conseil municipal, on n’arrivera presque jamais à me mettre en difficulté.


Les gens m’ont dit « finalement, tu es jeune, mais tu connais tes dossiers ».


Je me suis présenté à une élection départementale, j’ai perdu en partie d’une part parce que je n’étais pas assez connu, parce que j’étais jeune et peut-être par rapport à mes origines, peut-être, je ne sais pas.


Quand tu as une personne d’origine arabe qui arrive en politique, qui est assez proche du maire, et qui suit beaucoup de dossiers sur la ville, il y a une petite appréhension au début.


C’est comme lorsque mon père est arrivé à la Roche-sur-Yon, on a dit que la Vendée était raciste. Non, la Vendée n’avait pas l’habitude de voir des Arabes à la Roche-sur-Yon. Mon père est arrivé, il y avait cinq personnes d’origine arabe.


Il faut que ça change, il faut et des personnes de toutes origines, toutes confessions, toutes origines sociales aussi, pour faire bouger un peu les choses aussi.


Depuis quand êtes-vous centriste ?
En fait, j’ai adhéré à l’UDF en 2006 parce que je voulais m’engager. J’ai toujours été centriste. Ensuite, l’UDF s’est transformée en MoDem. Tout naturellement, les UDF ont été au modem. À la création de l’UDI, en 2012, j’ai adhéré à l’UDI tout en restant au modem. J’avais donc la double étiquette.
Pour les élections municipales, j’avais la double étiquette après avoir demandé aux deux présidents départementaux leur autorisation. J’étais un peu le référent UDI à la Roche-sur-Yon et je m’étais un peu éloigné du MoDem. Aujourd’hui, j’ai adhéré à en marche qui accepte la double adhésion.


C’est quoi l’UDI à la Roche-sur-Yon ? En Vendée ?
On avait des élus, des sénateurs, des élus régionaux, des élus départementaux. Après l’élection présidentielle, il y a eu un éclatement partout. Beaucoup d’UDI n’ont pas renouvelé leur carte ou bien sont restés à l’UDI, mais ont adhéré à en marche. D’autres se sont aussi éloignés un peu des partis politiques.
On sent bien que le centre a été aspiré par en marche. Moi qui suis centriste, je vois bien qu’en marche est en train de se développer avec des idées qui sont des idées de l’UDI.


Comment vous êtes-vous retrouvé dans une municipalité de droite et du centre ?
On a des adhérents dans la majorité municipale qui sont MoDem UDI en marche et républicain. Le maire fait partie de cette droite sociale, de cette droite modérée qui peut travailler avec la droite et le centre.


Quelle est la patte d’un centriste dans un programme municipal ?
Ma patte n’a pas été politique. Elle a été plutôt sur ma sensibilité sur l’aménagement. Moi j’ai toujours été passionné par l’urbanisme, l’aménagement. J’avais participé au projet municipal sur l’urbanisme, les projets d’aménagement, le schéma du centre-ville, les commerces, les grandes décisions à prendre sur les grands projets. Ça a été vraiment ma patte.


Côté politique, la patte d’un centriste, c’est d’apporter un peu plus de social. J’ai été un très grand défenseur du centre municipal de santé à un moment où on se posait la question. Je suis très sensible à la question sociale, peut-être là encore grâce à mes origines, car ma mère a été assistante sociale pendant 20 ans et mon père est commerçant.


C’est pour cela aussi que j’ai pris la délégation du logement social. Je pense que, en tant que centriste, tu apportes une image modérée.


Autre chose, ce que j’avais dit au maire, c’est que je ne voulais pas qu’on fasse de politique intérieure au conseil municipal. Quand on a été élu, je lui ai dit que le jour où on aurait un débat de société au sein du conseil municipal, je quitte le conseil. Il a respecté complètement cet accord-là avec, d’une part, la suppression des groupes politiques à l’intérieur de notre majorité. Avant, sous la gauche, il y avait deux secrétaires par groupes politiques. Nous, on a des secrétaires en fonction des commissions.


Y aurait-il une liste UDI aux municipales 2020 à la Roche-sur-Yon ?
Mon souhait, c’est qu’il y ait une liste de rassemblement qui rassemble les partis et la société civile du centre et de droite.
Donc, non il n’y aura pas de liste UDI.


Malik Abdallah maire de la Roche-sur-Yon, c’est pour quand ?
[Rires] c’est pour un temps très lointain à mon avis. Ce n’est pas mon objectif.Cela fait partie des ambitions naturelles quand on fait de la politique.


En politique, on peut se casser la figure tous les ans. On peut monter et descendre tous les ans. En politique, il y a l’élection, il y a un mandat. Moi je suis élu jusqu’en 2020. Je ne suis pas sûr de faire partie de la liste en 2020, c’est le maire qui choisit. Moi je suis parti pour un mandat de six ans. Vraiment, je pense qu’il ne faut pas se projeter. Se projeter, c’est ce qu’a fait l’ancienne équipe municipale. Lorsqu’ils ont été battus, pour eux la ville était la leur. Il ne faut jamais s’approprier une ville, une élection. Il y a déjà des gens qui étaient sur la liste de Pierre Regnault, qui était déjà sur la liste en 1977. Et, il y a un moment, il faut faire tourner les élus. Pour moi l’alternance, cela fait du bien.


Pour moi, Luc Bouard, il est incontournable et c’est la tête de liste naturelle pour 2020. Il est légitime à rester le temps qu’il faudra. Donc la question ne se pose pas. Je pense vraiment qu’on a la chance d’avoir un maire qui rassemble.
Pour moi les élections, c’est assez simple. Luc Bouard est la tête de liste de centre-droit. On aura des gens de la société civile et on aura des gens qui viendront de partout, y compris de la gauche.


Parce que c’est déjà fait ? Il y aura des gens de gauche sur la liste à Luc Bouard ?
Non, parce qu’il y a des gens [de gauche] qui nous contactent.


Politiquement vous êtes à l’UDI ?
Je suis UDI et j’ai aussi adhéré à La République En Marche cet été, c’est tout récent. Dans les adhérents de La République En Marche, il y a également des personnes qui sont aussi adhérentes d’un autre parti politique.
Donc vous êtes dans le même parti que Pierre Regnault.


Il paraît. Il paraît aussi qu’il ne vient plus aux réunions. Moi, j’ai mes idées. Je suis centriste, j’ai toujours été centriste. Aujourd’hui, En Marche a une politique qui pour moi est une politique centriste. Quand je vois la politique menée par Emmanuel Macron et que je me souviens des interventions de Pierre Regnault au conseil municipal, critiquant une certaine politique, qu’avait menée Nicolas Sarkozy, qui était un peu trop libéral à son goût, Macron met en place une politique que le parti socialiste a toujours rejetée.


Aujourd’hui En Marche a vocation à rassembler le centre-gauche, le centre et le centre-droit. Moi, je fais partie du centre-droit et je n’ai aucun problème à travailler avec des gens faisant parti du centre-gauche.


J’ai du respect pour Pierre Regnault, car il a été maire, adjoint aux finances et adjoint à l’urbanisme. Ce n’est pas facile d’être élu. J’ai beaucoup de respect pour lui, car il a quand même marqué la vie politique de la Roche.


Serez-vous sur la liste de Luc  Bouard ?
Si Luc Bouard est tête de liste, j’aimerais participer à sa liste. Après, c’est lui qui décide.


Sous quelle étiquette ? Comment fait-on lorsqu’on a deux étiquettes ?
Quand j’ai été élu en 2014, j’étais UDI MoDem. Aujourd’hui je suis UDI La République En Marche. Après, s’il faut choisir une étiquette, je choisirai La République En Marche.


Pourquoi ne pas assumer une étiquette plutôt qu’une autre ?
Aujourd’hui, En Marche n’est pas encore structurée. Je pense que En Marche est en train de se structurer et j’ai vraiment envie de participer à la structuration d’En Marche en Vendée et à la Roche-sur-Yon. Il y a très peu d’élus En Marche, il y a très peu d’organisation, tout est centralisé.


Moi, ma conviction, c’est d’être centriste. Tout comme il y en a qui ont voulu garder leurs cartes au PS et qui sont aussi à En Marche. La force d’En Marche est de rassembler un panel autour du centre et de diverses personnes de la société civile.

Aurjoud'hui, Anita Charrieau, membre du Parti Communiste Français et élue d’opposition à la mairie de la Roche-sur-Yon.

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Parti communiste, le parti de gauche, le front de gauche, les insoumis, on s’y perd un peu…
Je peux parler de ce que je connais. Moi je suis communiste depuis 1982. Le parti communiste au niveau national et au niveau local était engagé au front de gauche. Le parti de gauche existe encore et les liens se sont un peu distendus avec le PC.


Même si maintenant on s’affiche parti communiste front de gauche à la fois. Nous on continue de dire que ça a du sens le front de gauche. Le front de gauche ce n’est pas une entité, ce n’est pas une organisation, c’est une démarche. Moi je suis engagé communiste du parti communiste et je continue à avoir ma démarche de communiste. Avec Thierry Delacroix au conseil municipal qui se réclame du parti de gauche, on travaille ensemble.


Très clairement le parti communiste a toujours existé, il a toujours été de gauche. Les autres parties ou organisations ne sont pas des adversaires.

Quelle est votre démarche pour les municipales 2020 ?
La démarche que l’on a pour les municipales de 2020 tout comme la démarche qu’on a avec Thierry Delacroix au conseil municipal c’est de faire des propositions et de travailler dans l’intérêt des yonnais. C’est la seule démarche qui vaille.


Comme par exemple le centre médical de santé de la Généraudière?
Oui, par exemple. Ce qui nous motive, et c’est ce qui fait l’intérêt de continuer à travailler ensemble, c’est qu’on est dans l’intérêt des yonnais. L’objet, ce n’est pas de balancer des vacheries à Luc Bouard ni de dire que c’est la majorité de droite qui a proposé donc je voterai contre. Si quelque chose est intéressant, c’est intéressant. Par contre, je me repositionne systématiquement dans l’intérêt des yonnais. Si c’est dans l’intérêt des yonnais on a aucune raison d’aller contre mais il faut que l’intérêt des yonnais soit pris en compte et que cela soit une pensée qui ne soit pas incompatible avec nos idées de gauche.
Le centre municipal est un succès des habitants du quartier qui se sont battus pour obtenir ça. Nous on n’a été que le soutien, la courroie qui permettait d’être entendue différemment. Mais c’est leur bagarre, leur réussite.


Restons un petit peu sur la gauche… au conseil municipal il y a les Verts, le parti socialiste, et vous, comment cela se passe-t-il entre vous ? Vous vous rencontrez ?
De temps en temps… mais c’est plutôt pas très fréquent à vrai dire. L’approche avec les Verts, elle serait plus facile dans la mesure où je les crois avoir une attitude un peu plus comme nous, c’est-à-dire quel est l’intérêt des yonnais. Très clairement depuis le début, le comportement du parti socialiste dans l’assemblée, c’est de dire « ça c’est bien parce que c’est nous qui l’avons fait » ou « ça ce n’est pas bien parce que c’est vous qui proposez. » Pour le coup je ne peux pas me retrouver dans un truc pareil.


Est-ce qu’une liste commune de gauche est envisageable en 2020 ?
La démarche que l’on engage pour les municipales, c’est une démarche qui n’est pas pour les municipales au niveau du parti communiste. L’intérêt, encore une fois, c’est l’intérêt des yonnais, et plus largement des vendéens, des Français et des Européens.
Dans une démarche globale qu’on a avec les élections européennes qui arrivent et les municipales, ça a été de se dire, « est-ce qu’on continue d’avoir une démarche en disant j’ai un programme que je mets en place ? »
Le vrai programme c’est quoi ? C’est qu’il faut changer la société. Sortons de cette société capitaliste parce qu’on ne peut pas avancer tant qu’on aura l’argent qui domine tout. Ce qu’il faut c’est revenir à ce qui est essentiel c’est les êtres humains. Comment on répond à leurs besoins ? Comment on protège l’endroit où ils vivent c’est-à-dire la Terre ?
En tout état de cause ce qui sortira de ça et développera une économie doit répondre à ces deux exigences-là.


Que peut faire une collectivité pour l’emploi ? La création d’emplois et l’insertion pour les gens les plus éloignés ? Une collectivité a-t-elle les moyens de soutenir ça ?
Soutenir l’emploi par le biais de l’arrivée d’entreprises ou autres, oui. Soutenir l’emploi, ça veut dire quoi à part ça ? C’est développer des structures d’insertion ? Moi je ne suis pas sûr que ce soit prioritaire en collectivité.
En revanche, continuer à être le premier rempart des injustices, ça c’est sa mission. Ça veut dire développer des services publics qui soient à l’écoute des gens, ça me semble important.
Quand une entreprise vient sur le territoire, plutôt que lui donner les moyens de s’installer à pas trop cher puisque souvent ça se traduit comme ça sur les zones économiques. C’est, quel est l’engagement ? Est-ce que l’entreprise s’engage sur un recrutement local ? Sur des CDI ? C’est là que la collectivité peut avoir des leviers possibles. Ne pas être qu’utilisatrice des fonds publics mais avoir des exigences.


Le logement est également une préoccupation. Quels sont vos propositions ?
Actuellement, il y a un nombre conséquent de personnes qui sont sans logement ou qui sont sur des logements précaires. C’est, quelle démarche on a sur le logement social sur le logement global ? On ne peut pas laisser attendre les gens six mois, neuf mois pour avoir un logement. Sous prétexte que les gens sont sans emploi, ce n’est pas normal. Une collectivité sur ce sujet a des choses à faire. Il y a des lieux qu’ils sont vides et ça peut se travailler pour pouvoir permettre d’avoir des logements pour les gens.
Il y a du travail à faire avec les bailleurs dans le logement social, il y a du boulot à faire parce qu’il y a des logements qui sont très grands et du coup les trois quarts des familles sont de petite taille, ce n’est pas pour tout le monde.
Il y a du boulot à faire sur la solidarité.


Est-ce que vous êtes candidate en 2020 ?
Je ne pose pas les choses comme cela. 2020 c’est très près et c’est très loin. Nous, on est en train de mener des actions qui visent à rapprocher l’humain et l’environnement avec réapprendre ce que c’est que La Roche et comment on peut apporter des réponses aux gens avec la problématique. On ponctue par des actions qui nous semblent intéressantes : sur le logement, la question du transport, l’eau. Il y a eu la Généraudière sur l’eau, à la Vigne-aux-Roses sur les problématiques des agriculteurs et comment on se nourrit en faisant un petit apéro et des lignes bio pour faire découvrir aux gens. On est sur la dimension du vivre ensemble.
Pour le moment, il n’y a pas de démarche qui nous dise que l’on va être dans une alliance sur ceci ou cela. Si on n’arrive pas à trouver de terrain d’entente, je ne vais pas me forcer à aller vers quelqu’un si ce n’est pas pour porter des choses.


« La Roche citoyenne » est constituée de personnes de sensibilité de gauche au rassemblement. Elle dit que si on continue comme ça, à ne pas être rassemblés, c’est la défaite assurée.
Sauf que l’on ne sait pas de quelle place il parle. Il y a Martine Chantecaille, Thierry Delacroix d’ailleurs qui a participé à une réunion. Après une première réunion, ils sont venus nous interpeller.
Je considère qu’un mouvement doit être capable de dire qui est derrière. Nous, on est PC, on est PC voilà. On les informait des actions que l’on avait et peut-être qui vont nous informer de la démarche qu’ils ont. Peut-être que à un moment donné on pourra se retrouver sur X ce sujet je n’en sais rien du tout mais c’est vraiment très prématuré.
Au regard des élections présidentielles, six mois avant, on n’était pas sûr que Macron allait être le président. Donc, d’ici mars 2020, qu’est-ce qui va se passer ?
L’idée est d’avancer avec ce qu’on est chacun. Mais faire une alliance politique avec un genre de programme commun ça n’a pas de sens.
Qu’est-ce qu’on additionne ?  On additionne les idées de gauche sur lesquelles on se retrouve dans l’intérêt des yonnais, ou on additionne les pourcentages qui permettent d’arriver au deuxième tour ? C’est plus notre de démarche tant pis. Mais il faut que cela ait du sens.


C’est "l’humain d’abord". C’était votre slogan en 2014.
Oui c’est ça on est toujours là-dessus d’ailleurs.

Quel rôle y a-t-il, posez-vous sur votre mandat de conseillère municipale ? Comment ça se passe au conseil municipal ?
Honnêtement, par rapport au mandat avec Thierry Delacroix, on a le même sentiment. C’est le sentiment d’avoir une écoute de la majorité auprès de ce que l’on dit et qu’on ne nous traite pas pour moins que rien dans nos prises de position, on a le sentiment d’être écouté et respecté.

Maintenant cela fait quatre ans. En quatre ans je n’ai jamais eu autant de relations avec différents élus adjoints sur tel ou tel dossier avec le maire, le cabinet du maire. Je ne compte plus le nombre de contacts que j’ai par téléphone ou par SMS. Dans le précédent mandat que j’ai fait, j’ai dû avoir un entretien avec Pierre Regnault, deux entretiens. Après j’avais des contacts avec son directeur de cabinet.


Pour le dossier du centre municipal de santé, j’ai eu plusieurs entretiens, j’ai même participé à un groupe de travail auquel j’ai été associé. Avec Batiot, on a fait parti d’un comité mis en place concernant l’égalité hommes / femmes. Réellement, il y a beaucoup plus de contacts, je ne les compte même pas.
Très honnêtement, ils sont à droite, je suis communiste.

Suite de notre série d’entretiens, avec aujourd’hui, Luc Bouard, maire de la Roche-sur-Yon et président de la Roche-sur-Yon agglomération. Il a été élu en 2014.

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Où vous situez-vous sur l’échiquier politique ? Les Républicains, la France audacieuse, droite sociale… ?
C’est très clair. La première des choses, c’est que je suis pour que la voix des territoires soit entendue. Et ce qui me semble en capacité de porter la voix des territoires, c’est la France audacieuse qui est un mouvement de droite, centre-droit, et qui a pour vocation de remplacer le chaînon manquant qui était tissé par les députés maires et les sénateurs maires. En gros notre position c’est de pouvoir discuter avec le gouvernement pour dire bah ça, on a essayé ça marche et ça, on a essayé, cela ne marche pas.
Ceux qui étaient censés porter cette parole avant, c’était les députés maires et les sénateurs maires.
Aujourd’hui, ceux des députés qui sont en poste, qui n’ont pas exercé de fonction municipale et qui sans doute manquent de cette vision-là. Nous avons voulu avec tous les maires de cette équipe-là, le maire de Saint-Germain-en-Laye, le maire d’Angers, le maire de Niort, des personnes du Morbihan qui participent aux travaux de la France audacieuse et bien…. C’est devenu un groupe de travail intéressant.

Et en ce qui concerne les Républicains ?
C’est un mouvement gaulliste au départ qui s’est appelé l’UMP, le RPR UDR et à chaque pas dans le nom même de ce mouvement, il y avait le terme d’union, de rassemblement. Quand Nicolas Sarkozy a décidé de l’appeler les Républicains, déjà, on fermait la porte à un débat démocratique je pense.
L’arrivée de Wauquiez a amplifié ce mouvement-là. Moi je considère aujourd’hui que ma famille est très malade, mais vraiment très très très très très malade.


Vous êtes adhérent aux Républicains ?
Oui je suis adhérent aux Républicains. Et je considère, encore une fois,  que ma famille est très très très très malade. Or, quand votre famille est malade, il y a deux choses, deux solutions, la première c’est d’essayer de la soigner et la deuxième c’est de la quitter. Moi, ma position, c’est d’être dans le premier cas, c’est d’essayer de la soigner et de redevenir un parti de droite sociale, de droite humaniste, de droite qui est attentive aux autres. Et puis, si jamais avec mes camarades puisque nous sommes un certain nombre pour ce renouveau-là, si cela ne fonctionne pas il sera toujours temps de passer à la deuxième phase.


Comptez-vous rejoindre la République en Marche ?
On me demande 10 fois par semaine, quand est-ce que c’est le jour, quand est-ce que je rejoins la République en Marche ou si j’ai rejoint la République en Marche.

C’est très clair, je ne suis pas En Marche et je n’ai pas l’intention d’être En Marche. Pour autant, je trouve que ce Président de la République a un certain nombre de qualités qui me conviennent. Il a redoré le prestige de la France, au niveau de l’Europe. Qui, aujourd’hui, incarnerait cette position sociale qui est de dire prenons soin des migrants et trouvons une solution face au bloc d’extrême droite qui est en train de se dessiner sur la Hongrie et l’Italie ? Qui si ce n’est Macron ? Donc il faut reconnaître ça au président Macron.
Sur un plan économique je pense que les choses sont en place mais que chaque fois qu’il y a une réforme, les effets se produisent deux ans après, il y a effectivement une période de turbulences à passer.
Donc, je ne suis pas En Marche, mais je suis au côté de Macron à chaque fois que je suis en capacité de défendre une de ses réformes, et je ne m’en prive pas et je veux garder ma liberté.
Je l’ai dit au Président de la République lui-même qui m’a posé la question. Je lui ai dit non je ne vous rejoins pas mais pourtant je suis à vos côtés. Je suis à vos côtés comme peut-être une aile droite, une aile de centre-droit dont le Président de la République a besoin sur certains thèmes de s’appuyer pour avancer. Voilà ma position. Elle est très claire et je l’assume.
Quand on parle ensuite de municipales, les municipales, ça ne se fait jamais sans un grand rassemblement, c’est ce que nous avions fait en 2014, c’est ce que Macron a fait en 2017. Le rassemblement pour moi sera de rassembler toutes les volontés qui veulent travailler ou continuer de travailler au projet municipal tel que nous l’avons donné.


Un rassemblement avec qui ?
Je n’écarte vraiment aucune bonne volonté pour travailler au projet municipal. Droite, gauche, Centre, cela ne me gêne pas à partir du moment où l’on pense que le seul objectif c’est les Yonnais et Yonnaises les Agglo-yonnais et les Agglo-yonnaises.
Votre arrivée à l’hôtel de ville a été marquée par l’arrivée de la manif pour tous, maintenant sens commun. Elles ont démissionné pour des « raisons personnelles ». Sens commun sera-t-il présent dans votre prochaine équipe ?
L’idée dans la prochaine équipe c’est vraiment de travailler avec des gens qui veulent travailler je ne suis pas dans une bagarre d’étiquettes. Pourtant les filles qui nous ont rejoints et qui avaient une sensibilité de Sens Commun ne sont jamais venues dans l’équipe municipale pour vanter la politique de Sens Commun. Elles sont parties pour d’autres raisons. Aujourd’hui j’estime que les convictions telles qu’elles étaient exprimées par Sens Commun n’ont rien à faire dans un débat municipal et ne peuvent pas être une direction municipale à conduire. Je ne sais pas de quoi sera composée la prochaine équipe, mais ce que je souhaite c’est que ça soit une équipe de rassemblement au service des Yonnais.

Vous êtes candidat à votre succession ?
Je suis candidat à ma succession. On ne peut pas modifier durablement le sens d’une ville sur six ans. Il faut au moins deux mandats pour que l’image de la Roche-sur-Yon, la volonté de développement de la Roche-sur-Yon, le développement social, le vivre ensemble puissent prendre toute leur place. Donc oui j’ai besoin d’un autre mandat pour mettre en place ce qui a déjà été entamé.


Vous aviez indiqué l’année dernière lors de vos vœux que 2017 serait l’année des grues. À ce rythme-là, il devrait y avoir des grues à La Roche aux municipales ?
Il y a des grues à La Roche y compris pendant les municipales et après les municipales. Là aussi, je veux sortir des sentiers battus qui faisaient que tous les travaux s’arrêtaient trois mois avant les municipales. Moi je suis sorti de ce débat-là. Les Halles seront terminées ou sur le point d’être terminées, Piobetta sera en route, la nouvelle mairie sera en route, la smac sera en route, la piscine aura une partie de livrée et le reste en route. Pour autant, il faut que les choses continuent à avancer c’est pour cela qu’il n'y aura pas d’arrêt des travaux pour la période municipale.

 

Des yonnais que nous avons rencontrés s’interrogent sur tous les travaux en cours et à venir. Qu’en est-il des dépenses et de l’endettement de la ville avec tous ces travaux ?
Il est sein que cela interroge. Il est évident que si nous avions continué le type de gestion de l’équipe précédente, il y a longtemps qu’on ne pourrait plus investir. Je comprends parfaitement que ceux qui ont participé à l’ancienne équipe ou celle d’avant, ne comprennent pas que les finances de la ville soient parfaitement saines. Elles le sont.
Les derniers comptes administratifs qui sont sortis de la ville et de l’agglomération sont absolument parfaits, nos capacités d’investissement sont totales et nous allons continuer nos investissements sans augmenter la fiscalité, bien évidemment, puisque on n’en a pas besoin. On va absorber nos travaux comme c’était prévu sans doute avec plus de facilité que ce que nous avions prévu puisque la gestion de la ville a été particulièrement saine.
Un exemple. Les travaux du futur hôtel de ville et d’agglomération représentent 400 000 € d’économies de fonctionnement par an… 400 000 € ! Ça veut dire que l’hôtel de ville et d’agglomération va être payé simplement par les économies que l’on va faire.

Des économies réalisées grâce à la mutualisation des services ?
Oui par la mutualisation des services, par le fait qu’ici [à l’hôtel de ville] c’est une passoire énergétique formidable, que nous étions sur 17 sites et que nous étions sur des locations qui coûtaient très chères à tous les yonnais, tous les yonnais ! Et ça c’est une gestion calamiteuse qui a été menée et qui avait l’air saine de surface mais qui en profondeur étaient vérolées.
Ça, nous nous y sommes attaqués avec acharnement. Nous avons pu absorber la réduction des dotations d’État, on les a toutes absorbées, et pour autant on maintient une capacité d’autofinancement tout à fait correcte. On a des emprunts qui augmentent certes, et qui vont augmenter, bien évidemment, mais d’une façon tout à fait sereine et qui resteront bien en deçà des seuils d’alerte.
La mutualisation porte ses fruits, elle va continuer à porter ses fruits avec un service accru à la population.


Sans diminution d’effectifs ?
Il y a eu une diminution de personnel sur la ville qui a été reportée sur l’agglomération donc au global il n’y a pas de diminution de personnel. Il y a des effectifs qui sont redistribués. Je pense qu’au niveau de l’agglomération, nous n’avons pas encore vu l’ensemble de la mutualisation que nous pouvons continuer à faire.
Aucune crainte de ce côté-là, nos grands travaux se poursuivent sereinement avec un endettement qui va augmenter mais qui va rester tout à fait serein et qui en tout cas ne nécessitera pas une augmentation des impôts.

Un mot sur le conseil municipal. Quel est votre regard entre votre premier conseil municipal et le dernier de cet été ? Le travail avec les élus, le travail avec l’opposition ?
Le travail avec les élus, je suis très fier de mon équipe parce que c’est une équipe qui bosse, je ne leur laisse pas vraiment le choix d’ailleurs. Ils sont extrêmement présents sur le terrain à l’écoute des gens.
Je suis très fier de cette équipe qui a découvert le conseil municipal le 4 avril 2014, et dont la plupart des membres n’avaient jamais siégé dans un conseil municipal. Donc il a fallu découvrir les choses. La première année a été une année de découvertes, pas toujours facile, avec une opposition revancharde qui avait des choses à dire puisque les dossiers qui étaient portés étaient plutôt ceux d’avant.
Aujourd’hui le conseil municipal travaille bien. D’ailleurs il y a beaucoup plus de délibérations qui sont prises à la majorité que de délibérations où il manque les voix de l’opposition. On est entre 80 et 90 % des délibérations qui se votent à l’unanimité.


Et concernant l’opposition ?
J’ai trois oppositions : j’ai les socialistes ou apparentés, j’ai les verts, et j’ai les communistes. Les socialistes ont souffert puisque sur six, ils ont perdu la moitié de leurs effectifs avec les démissions de Founini, Regnault et Ibarra.
Avec un garçon qui a quitté le conseil municipal pour aller mieux gagner sa vie à la région et au département [Stéphane Ibarra] et qui maintenant voudrait y revenir après avoir abandonné le conseil, ça, ça le regarde. Je crois que les yonnais s’en souviendront.
Ensuite les écologistes et les communistes. J’ai, avec les communistes, des gens d’une sincérité à toute épreuve. Ils sont d’accord avec vous, ils ne sont pas d’accord avec vous, mais ils sont sincères. Au fond, ce sont des gens avec qui il est agréable de discuter que l’on soit d’accord avec eux ou pas d’accord avec eux. Et je les respecte pour cela totalement.
J’ai des écologistes, avec Guy Batiot, qui est profondément convaincu de la valeur nécessaire de l’écologie sur les années qui viennent. Guy Batiot est quelqu’un qui est très utile à la collectivité parce qu’il porte des sujets qu’on a besoin de défendre, tous.

Suite de notre série d’entretiens en vue des municipales 2020 à La Roche-sur-Yon. Aujourd’hui, le Parti Socialiste avec Stéphane Ibarra premier secrétaire du PS, élu d’opposition au conseil régional et au conseil départemental, ancien adjoint au maire de la Roche-sur-Yon.

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Comment va le Parti Socialiste ?
En Vendée, le territoire a toujours été difficile pour la gauche. À part la Roche-sur-Yon et quelques communes. Nous avons moins de ressources, car on a moins de revenus et moins de ressources humaines.


Combien y a-t-il d’adhérents au Parti Socialiste ?
Si on prend en compte les personnes dans le mailing, il y en a 450. 150 ont voté au dernier congrès.


Le Parti Socialiste présentera-t-il une liste aux élections municipales ?
Pour moi il y a un énorme enjeu à ce que les forces de gauche se donnent les moyens d’être aux responsabilités à la Roche-sur-Yon, et de refermer la parenthèse Luc Bouard, non pas parce que c’est Luc Bouard, mais la parenthèse d’une politique différente qui ne correspond pas à ce que nous on attend en termes de développement de la cité pour prendre en compte la transition énergétique du développement durable, quelle est la place de l’humain dans la cité ? Quelle est l’écoute citoyenne ? Quelles relations on a avec les partenaires est-ce qu’on est autoritaire ou en co-construction ?


Pour toutes ces orientations, je serai un acteur pour que cette ville soit à gauche et que l’on referme la parenthèse qui s’était ouverte en 2014.
Après, 2020 est proche, mais il peut se passer beaucoup de choses ici et là. Est-ce que je suis la meilleure personnalité pour conduire cette liste ou pas je n’ai pas la réponse. Ce qui est sûr c’est que pour que le Parti Socialiste aille aux responsabilités, on se battra pour cette ville.


On va rentrer dans des périodes de désignation dans le calendrier national du Parti Socialiste. Le Parti Socialiste, en tant que parti, comme La République En Marche ou d’autres préparent les échéances municipales. Donc on va avoir un calendrier de désignation, plutôt anticipé puisque majoritairement on est plutôt challengeur maintenant, donc ça va venir assez vite.


Dans notre terminologie, on ne désigne pas un candidat, on désigne un premier socialiste. En fonction du contexte local, il doit représenter les socialistes dans des discussions avec les partenaires, il faut trouver un compromis,  donner des chances à la gauche de gagner. Le contrat, il est là.


Notre capacité, c’est aussi sur l'histoire de la Roche-sur-Yon, y compris dans la majorité avec Pierre Regnault et Jacques Auxiette. C’est une colonne vertébrale de gauche, mais aussi une attractivité qui va au-delà de ce que parfois certains peuvent voir comme des frontières. Localement, ils peuvent trouver un projet fort avec des réponses à des problématiques locales et rejoindre une dynamique de gauche.

Donc vous êtes candidats à la candidature si j’ai bien compris ?
En tout cas je pense faire partie, et je ne suis pas seul, des socialistes qui sur ce territoire peuvent faire partie de ceux qui peuvent apporter, bien sûr.
Parce que c’est la logique d’un parcours qui m’a été confié par les socialistes eux-mêmes. J’ai été candidat, avant à la mairie, puis au département et à la région c’est parce que les socialistes m’ont fait confiance. Oui je suis un acteur qui a un rôle à jouer et donc je prendrai ma part.


La difficulté, actuellement, n’est-ce pas l’éparpillement de la gauche ?
C’est une évidence. On dit des choses aujourd’hui. Il y a une échéance importante, c’est les élections européennes. Tant que les élections européennes ne sont pas passées, on n’aura pas été au bout de cet effritement-là.
Moi, quand même, je ressens à la Roche-sur-Yon un désir de gauche qui amène quand même beaucoup de personnes à se dire qu’il faut qu’on ait l’intelligence de travailler ensemble.
J’ai découvert dans la presse un appel à un rassemblement de la gauche. C’est bien de le faire dans le journal, mais c’est mieux de le faire par des idées.


Vous voulez parler de « La Roche citoyenne » ?
Oui.


La Roche citoyenne est un appel aux forces de gauche qui dit que si la gauche est divisée, la gauche perdra. Donc ils appellent au rassemblement.


Je remarque quand même qu’ils appellent au rassemblement et qu’un certain nombre de personnes sont membres de partis eux-mêmes, ils ont des responsabilités dans ces partis ce n’est pas des militants lambda. Ils n’en ont pas fait part à leur propre parti, bon…


Du coup, cette initiative a été accueillie fraîchement dans les différents partis respectifs que ce soient les verts ou le parti socialiste. Comme première pierre au rassemblement de la gauche, c’est moyen.
Le PC m’a adressé une copie de la réponse et de la fin de non-recevoir qu’ils ont adressée à ce collectif en disant « que ce qu’on voulait faire ils n’allaient pas le recevoir ». Ce n’est pas par cette initiative qu’on va réussir à rassembler la gauche.


En observant ce qui s’est passé en 2017, autant sur la répartition des forces, je lutterai de toutes mes forces pour que la gauche sorte plus renforcée dans le prochain scrutin par rapport au scrutin de 2017 ou elle est sortie explosée, éclatée en mille morceaux. Non seulement éclatée, mais avec un total qui était à peine de 30 % il faut quand même l’avoir en tête. Non seulement elle est morcelée. Ça, je lutterai de toutes mes forces pour le changer.


On est forcément dans la co-construction avec les citoyens. S'il n’y a pas de participation des citoyens, on n’ira nulle part. C’est peut-être cela qui forcera cet éclatement peut-être pas à s’estomper, mais à diminuer.
L’enjeu il est de rencontrer les Yonnais qui ont envie de prendre leur destin en main et qui permettent d’écrire le chemin. Il est compliqué pour la gauche, car elle est morcelée, mais on a bien vu aux présidentielles, un mois avant, qui aurait prédit le résultat ? Il y a des masses qui bougent qui forment une dynamique donc, construisons quelque chose d’attractif.


Êtes-vous Macron-compatible ? On dit que vous avez rencontré La République En Marche.
Un ancien socialiste qui est à La République En Marche a demandé à rencontrer. Il a voulu un échange informel, mais il n’y pas eu de rencontre avec le parti socialiste.


Alors qu’est-ce ça veut dire être Macron compatible ? Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, d’abord je reconnais qu’il a réussi à rassembler des gens qui se sentaient très éloignés de l’action publique, et de l’envie de s’investir, je trouve que c’est une bonne chose. Je n’ai jamais fait le choix d’Emmanuel Macron. J’ai fait le choix de Benoît Hamont en faisant sa campagne. Au second tour j’ai voté Emmanuel Macron.


Je constate que les décisions d’Emmanuel Macron, ça a été de priver l’État de ressources en redonnant aux personnes qui ont beaucoup de moyens : suppression de l’ISF, de la flat taxe et d’autres … et que ça se traduit par des baisses de revenus chez les fonctionnaires, chez les retraités, chez les gens les plus fragiles. Je suis désolé je ne m’y retrouve pas.


Sur la politique migratoire aussi je trouve que la France n’est pas à la hauteur de son histoire, de ce qu’elle doit représenter et à travers elle l’Europe.

Elle va d’où à où la gauche ?
Est-ce que les gens se souviennent que dans la majorité de Martine Aubry à Lille il y a un accord avec le MoDem ? Je crois que tant qu’on veut regarder la bonne volonté des uns et des autres sur un territoire avec une problématique locale comme la somme des étiquettes politiques…

Ça dépasse les étiquettes politiques ?
C’est même pire que ça. D’abord on laisse plein de gens sur le bord du chemin. Je ne suis pas sûr que la majorité d’entre eux se définisse en disant moi je suis socialiste, moi je suis MoDem. Ils vont regarder une offre ils vont peut-être contribuer, ils veulent se prendre en main. Il faut peut-être commencer par là.
Si demain il y a une majorité de gauche qui réussit à fermer la parenthèse Luc Bouard j’en serais heureux et je ne suis pas inquiet, ils mettront localement une politique de gauche pour exprimer des solutions de gauche.
Mon sentiment à 99 % s’il doit y avoir une investiture En Marche à la Roche-sur-Yon, c’est le maire actuel qui l’aura. C’est mon regard. Peut-être que je me trompe, mais c’est mon regard.
J’ai un ancrage à gauche, c’est mon histoire, je suis au parti socialiste, c’est mon histoire.

Je vais prendre un exemple. J’ai participé à l’invitation du groupe des Insoumis à une réunion. Le débat s’ouvre avec la place de la parole citoyenne. Moi je suis 100 % d’accord. Le débat s’ouvre sur les transports, l’eau, les services publics. Par contre arrive la réponse toute faite de la gratuité. Moi je n’ai rien contre la gratuité, mais c’est un levier. Définissons ce qu’on veut comme service public. Quels sont ses objectifs ? À qui il s’adresse ? Qu’est-ce qu’on veut rétablir comme équilibre ? Parce que le service public c’est un petit peu ça. Le service public, il est la pour rétablir une équité, pour donner des droits aux gens. Et bien, définissons quels droits on veut donner ?
Prenons comme exemple les cantines. Quel droit on veut donner aux petits yonnais de bien se nourrir avec des produits bio, locaux, avec de l’information qui va avec. C’est ça le droit qu’on leur doit. Et si la gratuité doit le permettre et bien on y va. Mais ce n’est pas toujours une solution que la gratuité s’applique à tous. Encore une fois il y a des gens qui ont les moyens. Pourquoi rendre gratuit un service auquel eux peuvent contribuer ?

Que pensez-vous du mode d’exercice du pouvoir de Luc Bouard ?
Il y a un mode d’exercice du pouvoir de Luc Bouard auquel je ne souscris pas. Sous des côtés ouverts, souriants et affables, j’ai aussi des retours de quelqu’un de cassant, autoritaire qui ne respecte pas ses partenaires.

Début de notre série d’entretiens en vue des municipales 2020 à La Roche-sur-Yon.
 
Aujourd’hui, Aurélien Roho 31 ans (cadre en marketing et à l’origine de la création du comité de la Roche-sur-Yon en 2016) et Michèle Jossier, (fonctionnaire d’Etat et militante associative) du comité Yonnais de La République En Marche (LREM), ont répondu à nos questions.

lrem 20180825 2045590827Michèle Jossier et Aurélien Roho co-animateurs de la République En Marche yonnaise.

LREM compte combien de membres à La Roche, en Vendée ?
En Marche La Roche-sur-Yon, c’est 285 membres et 2500 en Vendée. Bientôt nous aurons 12 comités. Le mouvement En Marche est un mouvement gratuit. On peut faire un don, mais l’adhésion est gratuite.


D’où viennent vos membres ?
Il y en a qui sont issus de la droite et d’autres de la gauche sociale libérale voire frondeuse. On a réussi à structurer notre comité. C’est un mouvement qui a deux ans. Pour 100 % des personnes, aucune n’avait une expérience politique. Nos origines différentes font qu’on a une réflexion plus large, ce qui nous permet d’avoir plus d’échanges sur tous les sujets sans être confrontés à une vision restrictive sur un domaine.


La synthèse est-elle facile à trouver malgré tous ces regards différents ?
On est toujours parvenu à trouver une vision pour avancer ensemble.
Surtout quand Emmanuel Macron a indiqué qu’on n’était ni de droite ni de gauche. Finalement, on peut travailler avec tout le monde. La synthèse, il m’arrive de renier un peu mes idées, mais pour faire avancer l’équipe. Du coup on a un échantillonnage plus large. On avance plus lentement parce qu’on est différents, mais on avance peut-être avec plus de croyance parce qu’à un moment donné, chacun a fait l'effort de sortir ses idées. Parce que quand il y a un chef qui conduit tout le monde, je ne sais pas ce que c’est plus riche...

Quelles sont vos ambitions personnelles ?
J’adore La Roche, j’habite La Roche, j’aime bien cette ville, tous mes amis sont à La Roche.
Je ne souhaite pas être toute ma vie dans le commentaire et que la politique m’intéresse mais je veux être acteur, ça m’intéresse, évidemment, je le souhaite, mais de quelle façon, je ne peux pas vous dire, mais j’y aspire un jour.
Aujourd’hui on fait partie d’une famille politique. Il y a un calendrier qui a été imposé à l’échelle nationale. En vue des élections européennes et des futures municipales, on s’inscrit pleinement dans le calendrier qui a été prévu par le parti.


Avez-vous des contacts avec l’équipe Luc Bouard ?
Oui tout à fait. On part du principe que l’on discute avec tout le monde. Des extrêmes ne viennent pas nous chercher donc on ne discute pas. On est présent au sein du conseil municipal en tant qu’auditeur. On souhaite être votre acteur local, donc il faut au moins assister aux conseils municipaux. Il y a toujours trois ou quatre personnes du comité en Marche de La Roche qui sont présentes à chaque conseil municipal. À l’issue de ces conseils municipaux, on se serre la main, et on échange. On est dans le temps de la discussion. On n’est pas dans le temps de la stratégie. On est dans une famille politique et il y a des directives qui nous sont données. On n’est pas dans une stratégie politique donc on est juste dans des échanges cordiaux.


Êtes-vous candidat aux élections municipales à la Roche-sur-Yon en 2020 ?
Ça dépend sous quelle forme.


Je précise ma question, y aura-t-il une candidature de La République En Marche à la Roche-sur-Yon ?
C’est un peu tôt, je ne suis pas capable de vous répondre, car le calendrier qui nous est imposé, qui est un calendrier national, a été donné par Castaner, mi-juillet. Grosso modo, les entités comme la nôtre, c’est-à-dire les comités locaux, on en est, pour l’instant, à offrir une cartographie de chaque comité.

Actuellement, il n’y a pas d’élus locaux ou très peu de La République En Marche.

Ça veut dire que c’est Paris qui décidera s’il y a quelque chose ou pas à La Roche ? Luc Bouard a rencontré le président de la République Emmanuel Macron à la préfecture lors de sa venue en Vendée. En ont-ils parlé ?
Je pense… probable… pour les communes de plus de 35 000 habitants, le choix sera tranché par La République En Marche.
Le travail actuellement est de réaliser une cartographie et ensuite d’en faire une restitution du maillage territorial. On a déjà rencontré des associations, des acteurs locaux, et c’est vraiment continuer ce travail de maillage. On a rencontré effectivement des gens de tous bords politiques à la Roche-sur-Yon. Mais on n’oublie pas, l’important, c’est de mettre le citoyen au cœur de notre programme.
À l’issue de ce travail, en fin d’année ou au début de l’année prochaine, on sera certainement consulté par rapport au travail qu’on a fourni et, il y aura une décision tranchée.
Pour répondre à votre question, est-ce que ça sera avec  Luc Bouard ou avec des gens de notre comité ? Je ne peux pas vous dire. Est-ce qu'il y aura une liste La République En Marche? Je ne peux pas vous le dire.
Tout est possible. La République En Marche est le premier parti de France aujourd’hui. Très certainement il y aura des acteurs engagés localement.
S’il y a des candidats Macron-compatibles, il y aura certainement des gens de La République En Marche.
On ne peut pas totalement exclure qu'il y ait une liste La République En Marche au premier tour et en fonction du second tour on verra.
Tout reste ouvert.


Avez-vous rencontré des personnes de l’opposition municipale comme le parti socialiste ?
C’est dans le projet de la rentrée de les rencontrer. Je sais qu’il y a eu des rencontres à l’échelle départementale, mais on ne s'est pas rencontré avec le comité de La Roche. Stéphane Ibarra a rencontré notre référent au niveau départemental, mais il ne nous a pas rencontrés nous, comité de La Roche. Encore une fois, on a vocation à écouter tout le monde. On a rencontré les gens du MoDem.


Peut-on imaginer des candidats de La République En Marche sur la liste de Stéphane Ibarra et sur la liste de Luc Bouard ?
Oui, c’est possible. Encore une fois, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est le principe même de La République En Marche c’est-à-dire qu'on travaille sans trop de dogmatisme. Ceux qui sont investis dans notre comité, ce sont ceux qui sont plus investis localement: c’est le bon sens qui prime plutôt que des prismes idéologiques.
On est dans une logique de construction pour l’avenir.
La République En Marche reste un mouvement centralisé. Si jamais il devait y avoir négociation avec l’un ou l’autre, si on ne veut pas faire de la politique à l’ancienne, ce contre quoi on s’était engagé dans La République En Marche, il faut venir avec un projet sinon c’est trop facile.
Comme je vous disais, il y a le diagnostic territorial ensuite le maillage et en même temps on crée, à partir de septembre on va commencer à réfléchir à l’élaboration de notre projet municipal.

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